| Les Hautes-Alpes face à la crise |
| Economie |
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Nous voici donc réunis pour la première Assemblée Plénière de l’année 2009, que tous les observateurs s’accordent à prévoir comme une mauvaise année . La crise financière mondiale de l’automne dernier plombe notre horizon ; mais elle est venue se greffer sur une économie française déjà en crise depuis un an, du fait de la baisse du pouvoir d’achat et du fléchissement de la demande , ce qui fait qu’aujourd’hui la France fait partie des plus mauvais élèves de l’Europe, dernière des grands pays européens en matière de dette et de déficits publics. C’est pourquoi l’année qui s’annonce nous inquiète à plus d’un titre. Et d’abord sur celui des libertés fondamentales. Petit à petit, mesure après mesure, elles sont insidieusement remises en cause par le pouvoir. Les coupes claires, effectuées dans les budgets des associations d’éducation populaire, qui se sont vu unilatéralement amputées par l’Etat de 25% de leurs ressources en 2008, ne laissent pas de nous inquiéter ; La réforme de l’audio visuel, et la nomination du Président des chaînes publiques par le chef de l’exécutif, qui nous ramène à l’époque de l’ORTF, où le Ministre de l’Information dictait aux rédactions leur journal télévisé ; La suppression du juge d’instruction, garant de l’impartialité de la justice ; La limitation des droits de l’opposition au parlement, qui vient de faire l’objet d’une motion de censure votée par toute l’opposition y compris le Modem ; Le limogeage d’un préfet coupable de n’avoir pas su épargner les cris hostiles d’une manifestation aux oreilles présidentielles; Décidément le scénario de ce quinquennat ressemble comme un frère à celui du second empire, sous le règne de celui que Victor Hugo nommait « Napoléon le petit ». Nous avions connu au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy l’empire libéral ; nous voici déjà arrivés à l’empire autoritaire.
Mais le plus grave est devant nous : une crise sociale sans précédent s’annonce pour 2009, aggravée par un pouvoir arc-bouté sur ses certitudes idéologiques. Quand les chiffres du chômage entament une hausse vertigineuse, quand des millions de salariés défilent le 29 janvier, le Président de la république s’accroche à son credo, persiste et signe : il affirme toujours vouloir diviser par deux le nombre de fonctionnaires et préserver le fameux bouclier fiscal. Quant au plan de relance par l’investissement, parlons-en. Notre département, n’en retire que des miettes. Les mille projets de François Fillon , les mille colombes, ont survolé les Hautes-Alpes sans jamais s’y poser. Rien sur les grandes infrastructures routières comme la rocade de Gap, rien sur le Montgenèvre, rien sur le logement social. La plupart des maigres mesures annoncées relèvent de crédits déjà affectés. Mais je ne vous ai guère entendu protester, les uns ou les autres, contre ce marché de dupes. Face à l’ampleur de la crise tous azimuts qui nous affecte, il faudrait pourtant faire preuve d’audace, d’imagination, de courage. Mais le courage, Monsieur le Président, ce n’est pas de braver l’impopularité comme vous le faites depuis le début de votre mandat, - sur ce point je veux bien vous reconnaître le mérite de la constance ! – hier en matraquant les haut-alpins avec la hausse des impôts, où aujourd’hui en chipotant pour économiser un plat de lentilles sur le dos des personnes âgées dépendantes bénéficiaires de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie. Le courage serait de s’opposer à l’Etat quand il nous abandonne, le courage serait d’être les premiers défenseurs des Hautes-Alpes, y compris contre vos propres amis politiques. Mais ce courage là, hélas, vous en manquez singulièrement. On aimerait vous voir réclamer haut et fort à l’Etat les millions qu’il nous doit au titre de la décentralisation.
On aimerait vous voir monter au créneau contre la destruction systématique de nos services publics.
investissement.Notre pauvre département ressemble de plus en plus à un château de cartes en train de s’effondrer. Depuis 18 mois, tout implose : la défense nationale, avec le départ de l’armée de Briançon et de Tallard; la justice, avec les suppressions des tribunaux de Briançon ; la santé avec la suppression annoncée de centaines d’emplois dans nos hôpitaux publics et les menaces sur la radiothérapie ; l’éducation,avec la réduction drastique du nombre de postes dans les écoles, la Poste avec les perspectives de fermetures massives des bureaux, j’en passe et des meilleures. Devant ce jeu de massacre, vous et votre majorité restez les bras ballants, sans réactions. Comment pouvez-vous accepter une telle mise à sac de notre territoire rural ? Comment pouvez-vous rester aussi inertes, apathiques, aphasiques ? A l’image de M. Arnaud, si prompt d’ordinaire à exercer le ministère del a parole, qui reste totalement silencieux lors du dernier CDEN devant les suppressions de postes annoncées par l’IA. Il faut croire quel ’adhésion à l’UMP comporte une carte dont le plat principal se composede couleuvres bien indigestes, surtout pour les ouvriers de la 11èmeheure… Monsieur le Président, avant d’être de droite ou de gauche, socialistes ou UMP, nous sommes d’abord ici des haut-alpins. Si nous siégeons dans cet hémicycle, c’est d’abord pour défendre nos territoires et lescitoyens qui nous ont élus, au nom des convictions et des idées qui sont les nôtres. Il me semble, au moment où notre département souffre d’une politique nationale qui le broie, que vous ayez oublié ce devoir. Oh je sais que vous avez imaginé vous-même un plan de relance pour les Hautes-Alpes, en programmant 100 millions d’investissement cette année.Je ne mets pas en doute votre sincérité. Mais vous savez que ce plan est à nos yeux inadapté et irréaliste. Inadapté, parce que vous l’avez construit sans la concertation nécessaire avec les territoires, que ce soit les communes, les parcs naturels ou les EPCI, et avec les autres financeurs que sont la Région et l’Etat. Irréaliste car les collectivités locales n’auront pas les moyens d’autofinancer les projets que vous leur proposez. Mais sur ce dernier point, je ne demande qu’à me tromper. C’est pourquoi, Monsieur le Président, je vous fais une proposition : je souhaiterais que vous nous communiquiez mensuellement un tableau de bord des investissements réellement engagés durant l’année 2009. Cela permettra aux élus que nous sommes de suivre dans le détail le devenir de ce projet de relance de Vous le voyez, Monsieur le Président, je vous parlais au début de mon propos de 2009 comme d’une mauvaise année. Dans les Hautes-Alpes je crains que ce ne soit une « annus horribilis ». Abandonnés par l’Etat, poignardés fiscalement par leur département, touchés de plein fouet par la crise , nos concitoyens aimeraient que leurs représentants cessent de faire le gros dos en attendant que ça se passe, pour se porter aux avant-postes afin de défendre leurs intérêts. Vous et votre majorité, Monsieur le Président, n’en prenez guère, hélas, le chemin. En ce qui nous concerne, en nous battant dans l’opposition contre l’injustice inacceptable qui est faite à notre territoire, et pas plus tard qu’hier avec les Etats généraux de la Région qui ont rassemblé plusieurs centaines de haut-alpins bien au-delà des clivages politiques traditionnels, nous avons la conviction d’être fidèles à nos valeurs. |

